Un secteur pharmaceutique mondialisé dominé par les Etats-Unis
Avec des dépenses de santé courante qui représentent 11 % du PIB en 2007, la France figure parmi les 2 pays qui, derrière les Etats-Unis (15,3 %), consacrent la part la plus importante de la richesse qu'ils créent à la santé (source OCDE).
Le médicament représente en France un chiffre d'affaires de plus de 47 milliards d'euros en 2008, dont 45 % à l'exportation et des résultats macroéconomiques positifs (contribution de 5,8 % à la valeur ajoutée de l'industei en 2007 contre 2,1 % en 1990). La France est le premier producteur européen de médicaments avec ses 210 sites, le premier exportateur de médicaments vers le reste de l'Europe et le troisième exportateur mondial derrrière l'Allemagne et les USA.
Pour la pharmacie, les effectifs globaux, en croissance de 20 % au cours de la dernière décennie sont d'environ 100 000 emplois directs. Si l'on compte l'ensemble de la chaîne du médicament (R&D, production, distribution, commercialisation), ce sont 310 000 personnes qui travaillent indirectement pour l'industrie du médicament.
En 15 ans, les effectifs de R&D ont été multipliés par deux. C'est aussi une industrie de la connaissance qui figure parmi les 1ères contributrices aux objectifs de l'agenda de Lisbonne. L'industrie pharmaceutique consacre en moyenne 12 % de son chiffre d'affaire à la R&D.
L'importance de la supériorité des Etats-Unis acquise à partir des années 1990 dans le secteur de l'industrie pharmaceutique est particulièrement marquée, tant en ce qui concerne la consommation, que la production. Elle résulte de la priorité stratégique accordée par les pouvoirs publics d'outre atlantique au développement de ce secteur, de la croissance du opuvoir d'achat et de la mise sur le marché de produits innovants.
En effet, le marché américain est le premier marché mondial et le restera ces prochaines années, bien qu'il devrait connaître une croissance moindre (pression sur les prix notamment par le biais du commerce parallèle). Son environnement reste favorable à l'innovation : maillage avec les universités, facilité de créer des entreprises, accès financier des petites sociétés plus aisées. De plus, l'Etat consacre à la santé un budget en constante augmentation1 et du pont de vue de la recherche, les Etats-Unis dispose d'un Institut de Recherche Médicale (National Institue of Health) doté d'un important budget (28 845 millions de dollars, soit + 0.7 % par rapport à 2005).
Les 10 premiers marchés en valeur
| 2000 | 2006 | 2010 | |
|---|---|---|---|
| 1 | Etats Unis | Etats Unis | Etats Unis |
| 2 | Japon | Japon | Japon |
| 3 | Allemagne | France | France |
| 4 | France | Allemagne | Allemagne |
| 5 | Royaume Uni | Italie | Royaume Uni |
| 6 | Italie | Royaume-Uni | Italie |
| 7 | Espagne | Espagne | Chine |
| 8 | Brésil | Canada | Canada |
| 9 | Canada | Chine | Espagne |
| 10 | Chine | Brésil | Brésil |
Source IMS Health
L’industrie pharmaceutique est dominée par des groupes d’envergure mondiale appelés « big pharmas » qui poursuivent une stratégie de développement basée sur l’internationalisation des ventes de leur production dont la fabrication tend à la globalisation, comme le devient leur recherche et développement. En 2009, les leaders mondiaux du secteur sont : 1) Pfizer (USA), 2) Roche (Suisse) 3) Novartis (Suisse), 4) Merck (USA) et 5) Sanofi Aventis (F).
Les douze premiers laboratoires pharmaceutiques détiennent 53,4 % des parts de marché.
L’industrie pharmaceutique est particulièrement implantée dans trois régions françaises : Ile de France, Rhône-Alpes et Centre qui totalisaient 56 % des emplois du secteur en 2007.
En France , les entreprises appartenant à des groupes étrangers réalisaient un peu plus de la moitié de la
production de médicaments. Au sein de ses entités, Sanofi employait en France 20 500 salariés en 2007, devant l'Oréal (5 500 salariés) et Glaxo (3 900 salariés).
Un nouveau modèle économique du secteur pharmaceutique est en cours de construction/élaboration qui met en exergue la question du maintien de la production chimique traditionnelle du fait de la chute des brevets et des génériques souvent fabriqués dans des pays à bas coût de production ainsi que celle du développement d'une production issue des biotechnologies caractérisée par de nouvelles méthodes de R&D et des procédés de production sophistiqués, longs et couteux.
1 Pour l’année fiscale 2006 (1er octobre 2006- 31 septembre 2007), l’administration a porté le budget de la
Federal Drug Administration (FDA) à 1,88 milliard de dollars, soit en progression de 4.4% par rapport à l’exercice précédent.

