Recherche - brevets - blockbusters

La perte de la protection des brevets de plusieurs blockbusters
Avec 22 000 chercheurs et techniciens employés dans les entreprises, le secteur pharmaceutique se classe au 2ème rang français en matière d'effort de recherche derrière l'automobile.
La mise sur le marché de nouvelles molécules constituant un enjeu majeur de compétitivité, l’industrie pharmaceutique consacre, comparativement aux autres secteurs industriels (électronique, automobile…), des efforts financiers structurellement élevés aux activités de R et D (14 % du Ca, contre 12 % dans l’électronique).L'effort de recherche privé est relayé par de puissants centres de recherche publics comme le CNRS, l'Inserm, le CEA, les instituts Pasteur et Pierre et Marie Curie.
Au cours des années 1990, l’industrie pharmaceutique a fondé son modèle de développement sur le succès des blockbusters (produits dont le CA est supérieur à 1 milliard de Dollars). Très rentables, ces médicaments présentent l’inconvénient de générer, pour certains, des effets secondaires importants.
Des classes entières de médicaments vont bientôt être génériquées, conduisant à la diminution du chiffre d'affaires et des marges des sociétés pharmaceutiques ; 2008 et 2010 représentent des pics dans les pertes de chiffre d'affaires.
L’augmentation des coûts de développement liée notamment à l’inflation des essais cliniques conduit à faire des choix dans les molécules à développer et pour diminuer ces coûts, on assiste actuellement à un déplacement vers l’Europe de l’Est pour les essais cliniques.
Il paraît en conséquence vraisemblable que les blockbusters ne joueront plus le même rôle moteur du développement de l’activité qu’au cours des 15 dernières années. Aussi, pour contrer les difficultés et parce que la recherche évolue, il paraît vraisemblable qu’à côté des blockbusters , naîtront d’autres molécules originaires de la biotechnologie et plus orientée vers une médecine plus personnalisée.
La production de « génériques » se substituant à celle des médicaments anciennement brevetés, induit des baisses de prix importantes (moins en France, car il existe moins de différence qu’aux Etats-Unis entre le prix d'un « éthique » et sa molécule génériquée) qui impactent financièrement les entreprises concernées et les conduisent à mettre en oeuvre des statégies d'externalisation d'activité (production, R et D...).
L'ensemble de ces constats laisse présager une mutation structurelle pouvant affecter l'attractivité du territoire national :
- un infléchissement de la croissance annuelle de la composition des emplois perceptible depuis 2006
- la fermeture ou la cession de sites industriels
- un transfert vers une production issue des biotechnologies génératrice d'emplois très qualifiés nécessitant de nouvelles compétences.

