Mutations
A court terme, l’organisation, la productivité et la qualité peuvent encore progresser de manière spectaculaire, moins par les incitations coercitives des acheteurs, que par l’innovation organisationnelle et sociale au sein des entreprises et entre les entreprises elles-mêmes. Si l’entreprise accepte le constat, souvent sévère, de sa situation réelle par rapport à certains modèles de production, si elle accepte de se faire accompagner par les spécialistes du sujet, si l’implication de l’ensemble des salariés devient réelle, un grand pas sera franchi pour la pérennité et la performance. L’utilisation des TIC est encore très insuffisante et constitue un enjeu de développement incontournable.
A moyen terme, leur pérennité passera par un certain nombre de ruptures technologiques, organisationnelles, de management, capitalistiques et sociales.
On peut entre autre envisager :- Ruptures technologiques, visant à une différenciation dans les produits, à une plus grande personnalisation et réponses aux nouvelles demandes en matière de sécurité, d’environnement, d’économie d’énergie. Il faut prendre conscience que le client n’est plus l’acheteur du donneur d’ordres.
- Ruptures organisationnelles au sein de l’entreprise, mais également entre les entreprises. Il va enfin falloir prendre conscience que la concurrence n’est pas chez le voisin immédiat et ne pas reculer devant des concepts encore mal compris tels que l’intelligence économique et le développement durable.
- Ruptures de management. La PME traditionnelle régionale a souvent été créée par la volonté d’un individu, esseulé, bon technicien, fier de son indépendance, se dépensant sans compter sur l’ensemble des tâches de l’entreprise. Le chef d’entreprise doit reprendre sa véritable fonction et savoir déléguer. Il doit donc s’entourer des compétences nécessaires, en les partageant éventuellement avec d’autres entreprises.
- Ruptures capitalistiques. Le mouvement de diminution du nombre d’entreprises de rang 2 est inexorable. Les notions de taille critique ne peuvent plus être ignorées. Les moyens financiers pour assurer l’innovation, la recherche et développement, l’international ne peuvent plus être assurés par un actionnariat familial. La survie des entreprises bourguignonnes passera par l’ouverture, les partenariats, les rapprochements et les regroupements.
- Ruptures sociales. La recherche de la performance sur les seuls coûts a exacerbé un dialogue social souvent difficile au sein des entreprises régionales. Les effets sur la performance globale, sur la qualité, sur la valorisation des métiers et sur l’image de l’industrie en sont catastrophiques. Travailler sur des dynamiques sociales et industrielles partagées par toutes les composantes de l’entreprise, et par ses partenaires extérieurs, entre autres financiers, est probablement un des axes de différenciation et de performance les plus sûr à long terme par rapport à la concurrence.

