L’organisation de la filière

renaultLa filière automobile a connu des mutations profondes et une recomposition qui ont modifié tout à la fois les relations entre les acteurs, les métiers et les compétences. On convient de représenter la filière proprement dite selon le schéma maintenant classique : constructeurs, équipementiers (rang 1), sous traitants de rang 2 et plus. Une même entreprise peut fournir directement des constructeurs, mais également d’autres équipementiers ou rang 2. Il existe bien entendu d’autres métiers, en particulier de services, de distribution,… directement liés aux activités de l’automobile, qui ne seront pas abordés ici.

Les constructeurs concentrent leurs moyens sur la création des produits, l’assemblage et le marketing. Mondialisation et concentration sont les évolution toujours en cours. La saturation des marchés européens et la mondialisation conduisent inexorablement les constructeurs locaux, en particulier français, à devoir concentrer sur le territoire des productions spécialisées. Celles–ci pourront être des véhicules haut de gamme, des véhicules de niches ciblées, de réponse à une demande locale de véhicules plus sophistiqués, plus économes et écologiques ou offrant plus de services personnalisés. La production de masse de véhicules basiques sera inexorablement assurée dans les pays futurs consommateurs de ces produits.

Les équipementiers sont devenus des concepteurs et fournisseurs d’ensembles complets, ou plutôt de fonctions complètes. Ils connaissent une concentration importante et leur positionnement est également international. Les principales orientations sont celles de l’innovation, de l’investissement et de la rentabilité, de la différenciation.

Les rangs 2 et suivants sont constitués d’entreprises de tailles, d’activités et de positionnement très différents : des fournisseurs de sous-ensembles, des sous-traitants de spécialité, des sous-traitants de capacité. Ces entreprises sont encore assez souvent très largement dépendantes du secteur automobile. Elles sont soumises en tout premier lieu aux exigences de prix, de qualité, de délais. Leur avenir passe également par l’innovation, l’augmentation de valeur ajoutée, l’internationalisation. Leur taille est une préoccupation majeure pour qu’ils se donnent les capacités de recherche et développement, d’innovation, d’action commerciale et internationale. Il est certain que le nombre de ces entreprises continuera à diminuer de manière importante.

Cet ensemble ne peut plus fonctionner sur le seul mode hiérarchique, avec ses contraintes bien connues, et souvent mal perçues sur les choix techniques, sur les délais, sur la sécurisation des approvisionnements, sur la qualité et bien entendu sur les prix. Le partenariat, la coopération, l’appui technique et organisationnel sont alors systématiquement évoqués comme voies de progrès de l’ensemble de la filière. Les équipementiers sont effectivement devenus des développeurs responsables de fonctions et non plus de sous-ensembles livrables sur chaîne. Leurs investissements en matière d’internationalisation, de recherche et développement, de TIC ont néanmoins pesé très lourdement sur leur rentabilité. En parallèle aux restructuration qu’ils connaissent, le rôle qu’on souhaiterait leur voir jouer en matière de prosélytisme à l’égard de leurs propres fournisseurs est très largement occulté par des politiques d’achat très sévères, sans état d’âmes sur les sources d’approvisionnement en pièces et éléments de base.

On se référera sur ces éléments de contexte et ces mutations aux nombreuses études nationales publiques disponibles, par exemple le rapport du Conseil Economique et Social de juin 2006.