Forces et faiblesses

imprimerie En Bourgogne, l’imprimerie bénéficie de l’implantation de nombreuses entreprises intégrées de longue date dans le tissu régional. En particulier, le secteur agro-alimentaire (vins et produits agro-industriels) est fortement demandeur d’emballages et d’étiquettes. La demande locale est donc souvent satisfaite par des PMI de proximité, souples, expérimentées et réactives. L’arrivée de nouveaux concurrents est limitée par le ticket d’entrée élevé en capital comme en main d’œuvre que requièrent les industries graphiques.

Cependant, ce positionnement induit également une pression croissante sur les prix qui implique la réduction des marges et des investissements de productivité croissants. Les marchés de sous-traitance obtenus localement exigent une grande réactivité et rendent captives les PMI régionales. Il existe tout de même quelques marchés en croissance (publicité sur les lieux de vente, marketing direct). Les investissements de ces dernières années permettent aux entreprises de se positionner à la fois en conseils techniques (maîtrise d’une chaîne graphique de plus en plus numérique) et en partenaires de leurs clients pour la conception des imprimés. Par ailleurs le développement des technologies numériques (computer to plate par exemple) et des échanges de données informatisées autorisent une plus grande souplesse et constituent un avantage concurrentiel non négligeable.

Avantage qui malgré tout peut se retourner contre les entreprises locales ! Le secteur de l'impression et de la communication graphique subit aussi la dématérialisation des échanges et les imprimeurs locaux sont sur certains segments (à faible valeur ajoutée notamment) directement en concurrence avec des imprimeurs étrangers notamment, ou des plate-formes capables de gérer l'ensemble de la chaîne de  valeurs de la communication graphique. L'imprimeur ne devient alors d'un sous-traitant technique, généralement choisi parmi les moins chers sur un marché à l'échelle européenne. Le positionnement de conseil évoqué ci-dessus, couplé à des investissements limités mais en conséquence, est donc une donnée clé de la survie de nombre d'imprimeurs à terme.

L’intensification de la concurrence étrangère (Europe, Pays d’Europe Centrale et Orientale, Maghreb) constitue donc une réalité porteuse de menaces et d’opportunités, notamment en raison du développement rapide des échanges numériques (effet en revers) et de la généralisation des appels d’offre clients à un niveau européen. Enfin, beaucoup d’entreprises sont encore des PMI familiales qui, au-delà de capacités de modernisation parfois limitées, devront dans les toutes prochaines années relever le double défi de l’industrialisation et de la transmission.

Face à l'offre de services et à l'agressivité commerciale allemande à l'export, ou face à la grande capacité de travail collectif en Italie, par exemple, les industriels de l'imprimerie doivent relever un défi majeur : passer d'une "culture d'outil de production" centrée sur les volumes d'investissement, à une culture de services et de valeur ajoutée. Non pas que les industriels ne soient pas déjà conscients de la qualité de leur production mais simplement que cette qualité, même au meilleur prix, ne suffit pas toujours au client. L'écoute fine de celui-ci et le décodage de ses besoins réels (au-delà du seul prix) permet d'affiner notablement la statégie d'investissement d'une PME de l'imprimerie.