La Bourgogne est une région industrielle
Si la Bourgogne est un espace essentiellement rural (59 % du territoire occupé par le secteur agricole, 31 par les forêts), c’est une région de très forte tradition industrielle. Près de 21 % des effectifs salariés de la Bourgogne sont des salariés de l’industrie, soit 4 points de plus que la moyenne nationale. Si on ajoute que les activités agricoles représentent environ 6 % des emplois et de la valeur ajoutée, soit près de deux fois la moyenne nationale, le tertiaire ne représente qu’environ 68 % de l’emploi et de la valeur ajoutée, soit 5 points de moins que la moyenne nationale. Faut-il pour autant aller vers une tertiairisation forcée ? On trouvera plus loin quelques éléments de discussion.
Le tissu industriel bourguignon est très diversifié et réparti sur l’ensemble des départements, sans spécialités ou concentrations locales reconnues de niveau international.
Le secteur industriel représente environ 120 000 salariés, soit 30 % des salariés du secteur marchand. Les premiers secteurs d’activités sont la métallurgie et la transformation des métaux (15 % de l’industrie), les biens d’équipements mécanique (13.5 %), le secteur chimie-caoutchouc-plasturgie (13 %), les industries agro-alimentaires (13 %) et les composants électriques et électroniques (8 %).
Le département de Saône-et-Loire est très industrialisé et concentre près de 38 % des effectifs industriels bourguignons. Il se détache nettement sur les domaines de travail des métaux et de la mécanique. La Côte d’Or représente 28 % des effectifs régionaux avec une bonne répartition sectorielle, aucun secteur ne dépassant 8 % des effectifs (composants électroniques, IAA, pharmacie…). L’Yonne qui représente 21 % des effectifs bénéficie de ses voies de communication et de sa proximité de la région parisienne. La Nièvre avec 12 % des effectifs est plus tournée vers la région Centre et dépend pour beaucoup de l’avenir de quelques sites de groupes.
Malgré une bonne répartition géographique des activités, il est néanmoins à noter que certains bassins d’emplois dépendent quasi exclusivement d’une activité, voir d’une entreprise (Le Creusot, Montbard, Autun).
La région ne compte pas d’établissement industriel de plus de 2 000 salariés, seulement une demi-douzaine de plus de 1 000 salariés. La moitié des effectifs travaille dans des établissements de 100 à 500 salariés, soit nettement plus que la moyenne nationale. Les établissements de grandes entreprises, souvent prestigieuses, forment une armature industrielle solide, complétée par un tissu dense de sous-traitants de tous secteurs, en particulier ceux de la mécanique, de la transformation des métaux, de la plasturgie. La Bourgogne compte également sur un tissu dense d’entreprises artisanales, particulièrement actif en milieu rural.
La mondialisation croissante des échanges commerciaux s’accompagne d’une intégration accrue des entreprises industrielles dans des groupes, particulièrement appréciable du point de vue de la compétitivité, plus dangereuse à moyen terme en cas de restructurations. 60 % des établissements appartiennent à des groupes et emploient 80 % des salariés de l’industrie bourguignonne. Même si tous les groupes ne sont pas nécessairement internationaux, leur structure facilite le commerce extérieur, ainsi que l’apport de commandes non négligeables en sous-traitance et de plus gros moyens pour la recherche et développement.
En revanche, cette situation a une incidence forte sur l’autonomie décisionnelle de la Bourgogne et met l’emploi local à la merci de conduites et de stratégies extérieures aux problématiques régionales. Ce sont parfois même plusieurs établissements d’une même entreprise qui sont mis en concurrence. La Bourgogne est d’ailleurs en dessous de la moyenne des régions françaises pour l’indépendance décisionnelle : en 2004: 65 % des effectifs industriels des établissements de plus de 20 salariés étaient considérés comme « indépendants », c’est-à-dire travaillant pour un établissement dont l’entreprise a son siège dans la région, contre 72 % au niveau national. Il faut noter que ce taux d’indépendance de la région tend à remonter : il était de 58 % en 1993 et de 59 % en 1999.

