Enjeux régionaux
Au regard des éléments de compétitivité présentés et des perspectives de croissance, les fragilités de la région participent à la fois de facteurs propres et généraux. Le tissu d’entreprises du secteur en Bourgogne possède une armature forte, constituée de groupes importants, générateurs d’activité directe et de sous-traitance. Cependant, cette force constitue aussi un facteur de vulnérabilité dans un contexte de mutations accélérée de ce secteur à l’échelle mondiale.
A cet égard, la carence en investissements constatée dans la région est porteuse de fragilités potentielles à l'heure où la croissance du secteur repose sur des choix marketing et techniques tranchés et des investissements toujours plus élevés pour asseoir ces choix.
Parmi les facteurs généraux, la recherche de coûts salariaux peu élevés constitue un des facteurs explicatifs des restructurations , comme en témoignent, par exemple, dans le domaine du matériel électrique, les redéploiements de SCHNEIDER ELECTRIC en 2005.
Dans l’électronique, et en particulier dans la microélectronique, la qualité de la production, les coûts de fabrication, la valeur ajoutée, la satisfaction des consommateurs et l'exigence d'un retour sur investissement rapide et élevé sont des priorités qui peuvent prendre le pas sur les considérations de masse salariale. En d'autres termes, le facteur investissement, associé à la réactivité des entreprises et à la qualité de l'environnement économique, constituent le premier moyen de pérennisation des emplois de l'électronique.
On note par ailleurs que le secteur électricité / électronique, fabricant de nombreux produits intermédiaires, est soumis à l'évolution des activités de secteurs clients (électronique grand-public, transports, santé, bâtiment...). Si les mutations observées dans ces différents secteurs ont un impact parfois douloureux sur la filière électronique, ces liens sont aussi porteurs d’opportunité de développement qui reposent notamment sur la diversification, le développement de l’export, et le rapprochement entre entreprises et structures de recherche.
Dans les années à venir, les entreprises du secteur électique/électronique de la région auront tout intérêt à investir plus fortement dans la recherche et développement. Cette logique, largement soutenue et encouragée par les pouvoirs publics (Europe, Etat, Région ...) sera l'une des principales clés de pérennisation des emplois dans la région et un gage de développement. La sélection des plus performantes se fera à la fois sur des critères de capacité d'innovation, de travail collectif ou en réseau et de performance industrielle.
Enfin, jouer la carte du développement européen permet aux entreprises du secteur de se placer sur le principal marché mondial. Pour mémoire, trois entreprises européennes figurent parmi les dix premières mondiales de l'électronique en 2003 (ST-MICROELECTRONICS, INFINEON et PHILIPS).

