Les microtechnologies

 Les microtechnologies sont constituées des activités à très petite échelle visant à la miniaturisation des composants. L’électronique est concernée à la fois directement (microélectronique), et en association avec des disciplines connexes (au sein de microsystèmes associant électronique et mécanique par exemple). La microélectronique a dépassé en 2003  250 milliards de dollars de CA mondial pour les seuls semi-conducteurs (dont 10 milliards pour la France), auxquels s'ajoutent 80 milliards pour les composants passifs.

Le secteur des semi-conducteurs évolue de manière contrastée (-20 % à +40 % selon les années). Le secteur des microsystèmes (MEMS, pour Micro-ElectroMechanical Systems) présente quant à lui une croissance annuelle de l’ordre de 20 % depuis 2000. Cette croissance est portée par quelques applications à très grands volumes qui représentent 70 % de l’activité (têtes d’impression, têtes de lecture/écriture, capteurs de pression et accéléromètres, micro-miroirs). L’informatique et l’automobile sont les principaux débouchés actuels (forts volumes, besoin constant en innovations).

La croissance de la microélectronique et des microsystèmes est de plus en plus tirée par deux autres secteurs fortement demandeurs, notamment les technologies de l’information (multimédia, sécurité, télécoms, domotique) et le médical (imagerie, monitoring, pharmacologie). Des connexions avec le monde de l'infiniment petit dégagent de nouvelles pistes de recherche dans les nanotechnologies. Entre 1998 et 2003, l'investissement public dans les nanotechnologies a d’ailleurs été multiplié par huit aux Etats-Unis, par sept au Japon et par deux en France pour atteindre aujourd'hui un montant global annuel de 3 milliards d’euros pour l'ensemble du monde.

On peut noter l’existence en microélectronique d’un document original et particulièrement intéressant pour les entreprises : l’ITRS (International Technology Roadmap for Semiconductors). Mis au point par un consortium international d’entreprises, ce document de référence présente tous les deux ans les principales barrières au développement de nouvelles générations de composants. Très détaillé, il recense les obstacles, les solutions actuelles ou à trouver et les objectifs à atteindre, en rapport avec la loi de Moore, pour les périodes 2005-2013 et 2014-2020.

microtechnologiePar essence multidisciplinaire, la science des microsystèmes nécessite des investissements de grande ampleur et la collaboration de spécialistes d’horizons divers (électronique, mécanique, biologie, optique, chimie...). Au sein de ce secteur en forte croissance, la production européenne de MEMS a atteint 33% de la production mondiale en 2002. En Europe, la France fait partie des pays les plus moteurs du domaine avec l’Allemagne, la Suisse et la Grande-Bretagne.

Bien placée dans plusieurs domaines (capteurs, optique, radiofréquences, biopuces), l’industrie française doit encore consolider sa position sur les marchés à forte croissance dans les prochaines années (biomédical, biométrie, domotique et applications grand public). Elle doit par ailleurs maintenir les activités amont ou périphériques (CAO, production de matières premières, services).