Un secteur stratégique

transistorUn secteur est jugé stratégique lorsque son activité représente ou représentera dans l'avenir une part importante de l'économie. On raisonne de la même manière lorsque la maîtrise d'un échelon est nécessaire pour s'assurer un bon développement des industries d'aval.

En Bourgogne, ce secteur emploie 11,5 % des effectifs industriels en 2005 (contre 12 % en 2004). Au niveau national et bourguignon, cette proportion, globalement équivalente, tend à la baisse régulière (de 13 % en 2000 à 11,3 % en 2005).

Au regard de ces deux critères, le secteur des composants électriques et électroniques peut être qualifié de stratégique. D’abord parce qu’il emploie environ 12 % des effectifs industriels, mais aussi parce que des pans entiers de l’économie reposent sur son activité ou ses produits. De plus en plus de secteurs "traditionnels", hors télécommunications et nouvelles technologies, créent des fonctions reposant sur l’électronique (transmission de données, traitement du signal etc.).

Les composants électroniques induisent ainsi un chiffre d'affaires annuel mondial estimé à plus de 1000 milliards de dollars : informatique, télécommunications, audiovisuel, électronique industrielle ou militaire, équipements ménagers, automobile... Ces briques de base des produits électriques et électroniques, subissent de fréquents cycles de stockage et déstockage dus à une mauvaise maîtrise de la "supply chain" par la plupart des acteurs (seuls les géants comme INTEL ou TEXAS INSTRUMENTS maîtrisent les composants de la conception à la vente). Ces cycles correspondent à des périodes d'anticipation puis de correction de la production avec dépréciation forte des stocks. L’ensemble des secteurs clients de l'électronique ressent ensuite ces chocs (comme cela a été le cas en 1996-1997 par exemple). Les industries utilisatrices ne peuvent survivre que si elles reposent sur un socle de fournisseurs maîtrisé, dans un secteur où l’évolution des techniques et des usages est extrêmement rapide.

Inversement aussi, la baisse de la demande dans les industries d'aval peut avoir des conséquences sur la santé du secteur. L'exemple le plus marquant de ces dernières années est l’obsolescence des tubes cathodiques depuis que le marché des écran LCD et plasma s'est développé. En Bourgogne, ces mutations technologiques se sont traduites par des réorganisations au sein du site de THOMSON à Genlis et dans le groupe ARCELOR qui fabrique des plaques en alliages spéciaux pour équiper les tubes.