L’ensemble de la filière
- La petite taille des entreprises française a longtemps été un handicap pour s’internationaliser, pour investir, pour améliorer la rentabilité, et pour faire poids face aux donneurs d’ordre et fournisseurs mais dans la plupart des secteurs la concentration a été rapide ces 5 dernière années. En 2007, 85 % du chiffre d'affaires national est réalisé par des entreprises rattachées à un groupe français ou étranger (essentiellement américain et allemand).
- Une filière coincée en étau entre les fournisseurs et les donneurs d'ordre
- Les fortes variations du prix du pétrole, l'augmentation des besoins des pays émergents et la concentration importante de la pétrochimie entraînent de fortes vatiations du prix des polymères,
- La forte pression du marché oblige les donneurs d’ordre (automobile, grande distribution) à réduire les coûts, à renouveler rapidement les produits et à affiner leur segmentation. Ces « dominants » transmettent leurs impératifs à tous leurs fournisseurs et particulièrement aux plasturgistes : abaissement des prix, réduction des séries et souvent raccourcissement des durées de vie. Cela entraîne l’augmentation des coûts structurels et la diminution des marges.
La filière automobile
Les constructeurs automobiles, pivots de la filière, sont soumis à la pression du marché qui impose : - une loi de réduction permanente des coûts
- un effort accéléré en matière de progrès et d’innovation (l’amélioration du « contenu » des véhicules, le renouvellement et l’élargissement des gammes stimulent le marché final) …
- ...ce qui peut être facteur de progrès dans la chaîne de sous-traitance :
- recentrage sur le cœur de métier donc transferts de compétences et de valeur ajoutée dans la cascade de sous-traitance,
- recherche d’innovation et de réduction des coûts concertées …
- ...mais elle est souvent synonyme d’une dégradation de la rentabilité pour les plasturgistes de rang inférieur dans l’échelle de sous-traitance
La valeur ajoutée à forte marge est souvent conservée par les constructeurs et les équipementiers - ... et les difficultés risquent de devenir insurmontables avec la chute des ventes automobiles apparue en 2008.
- Les entreprises connaissant les plus grandes difficultés sont les sous-traitants capacitaires (pas d’autres arguments que le prix de l’heure machine). Ces entreprises cherchent, pour la plupart, à se diversifier en dehors de l’automobile, avec plus ou moins de succès. Certaines survivent grâce à certaines particularités (proximité de la fabrication de pièces volumineuses, intégration d’une nouvelle prestation comme la peinture, services, hyper-spécialisation…) mais la plupart de ces entreprises est en situation d’extrême précarité et elles ont subi de plein fouet la chute du marché de l'automobile apparue à partir du dernier trimestre 2008.
- De nouvelles applications, de nouveaux enjeux :
- La généralisation de l’utilisation du plastique dans l’électronique embarquée, les carrosseries, les vitrages, le compartiment moteur créeront de nouvelles opportunités. En effet, afin de reconstruire leur offre client et sortir des difficultés, les constructeurs, devront concevoir de nouveaux véhicules plus économiques et plus respectueux de l'environnement. Cette révolution passera par l'utilisation de matériaux plus légers, par la simplification des systèmes (réduction du nombre de pièces) et l'utilisation massive de technologies propres qui laissent percevoir des opportunités pour la plasturgie.
- La stratégie d’offre, la culture client, la co-conception, la spécialisation, la recherche partagée de réduction des coûts tendront à se généraliser chez les sous-traitants, notamment sous la pression des équipementiers.
- La généralisation de l’utilisation du plastique dans l’électronique embarquée, les carrosseries, les vitrages, le compartiment moteur créeront de nouvelles opportunités. En effet, afin de reconstruire leur offre client et sortir des difficultés, les constructeurs, devront concevoir de nouveaux véhicules plus économiques et plus respectueux de l'environnement. Cette révolution passera par l'utilisation de matériaux plus légers, par la simplification des systèmes (réduction du nombre de pièces) et l'utilisation massive de technologies propres qui laissent percevoir des opportunités pour la plasturgie.
En Bourgogne
Comme déjà évoqué, l’explosion, pendant près de 10 ans, de la demande de pièces techniques en plastique a profité essentiellement aux grands groupes industriels. Par le même phénomène, la chute des ventes d'automobile depuis le dernier trimestre 2008 a lourdement impacté la demande auprès de ces groupes.Ces grands groupes sont peu (voire pas) présents en Bourgogne. La région est, en effet, surtout caractérisée par un tissu de petites PME de rang « inférieur » dans la chaîne de sous-traitance.
S ces entreprises ont peu bénéficié de la hausse de la demande car souvent peu compétitives face aux « grands » du secteur, elles sont aujourd'hui mieux protégées face à la crise que traverse le secteur automobile.
La plupart des PLE bourguignonnes travaillent pour l'automobile ont, en effet, engagé depuis plusieurs années une politique de réduction de leur dépendance au secteur automobile en cherchant à diversifier fortement leur portefeuille clients sur des marchés sur lesquels la pression des coûts est moins importante.
Certaines PME de la région, parfois petites, se sont néanmoins lancées avec succès dans l’apport à leurs donneurs d’ordre de solutions techniques nouvelles (changement de matières, évolution des pièces pour un meilleur rapport fonctionnalité/coût, évolution des techniques de production, utilisation de technologies peu répandues…) : cette stratégie les différencient de leur concurrence et les élèvent progressivement au rang de co-concepteur en permettent souvent des gains de productivité construits et partagés.
L’emballage
Le secteur se concentre et s’organise autour de la « fonction emballage »
Devant la puissance des donneurs d’ordre, le secteur se concentre et les entreprises de plus de 250 personnes réalisent aujourd’hui plus de 50 % du CA du secteur. Ainsi, la fabrication de films plastiques ne connaît plus que 5 ou 6 grands groupes européens, filiales pour certains de groupes de la chimie.
Comme dans une grande partie de l’industrie, la filière longtemps guidée par la matière première se structure, de plus en plus, vers le marché : c’est la fonction qui prime sur le matériau utilisé. Ainsi, de grands groupes internationaux de l’emballage, multi-matériaux, se constituent. Les filiales de groupes étrangers de ce type représentent désormais 45 % du chiffre d’affaires du secteur en France.
- De nouvelles opportunités notamment pour les PME
Les PME encore indépendantes sont contraintes de s’orienter de plus en plus vers de petites ou moyennes séries n’intéressant que peu les grands du secteur. Elles conservent également leur légitimité auprès des PME de l’agroalimentaire, encore très nombreuses.
Ces dernières sont soutenues par la grande distribution pour trois raisons principales : contre pouvoir aux grands groupes agroalimentaires, fournisseur des marques distributeur et participation à la construction d’une image citoyenne de l’enseigne auprès du consommateur (« petits producteurs régionaux »).
Des évolutions dans le comportement du consommateur entraînent également de nouvelles opportunités :
- L’emballage « évolué » (indicateur de respect de la chaîne du froid, emballages anti-microbiens, …) rassurera le consommateur sur la consommabilité du produit.
- La tendance aux changements fréquents des habitudes alimentaires des consommateurs (recherche de saveurs nouvelles, différentes, moindre fidélité à une « marque ») entraîne une multiplication de l’offre et accélère la courbe de vie des produits. De plus, les distributeurs cherchent à se différencier par rapport à leur concurrence (propre marque distributeur, promotions sur les grandes marques différenciées) ce qui segmente à nouveau le volume des emballages à produire. Cette tendance à la segmentation entraîne une réduction de la taille des séries d’emballage ce qui redonne leurs chances aux PME du secteur.
Un problème d’image
L’emballage plastique devra surmonter les difficultés liées à son image découlant largement de la polémique sur les sacs sortie de caisse. Plusieurs textes réglementaires européens et français obligent ou obligeront les entreprises à aller plus loin dans la recyclabilité et la biodégradibilité des matériaux, dans la justification de l’absence d’interaction du matériau avec l’aliment et dans la réduction des volumes (optimisation de l’utilisation des matériaux). Dans l’agroalimentaire, certains industriels de la plasturgie proposent déjà des emballages recyclables de 70 à 80 %
En Bourgogne
La Bourgogne s’est fidèlement structurée selon les grandes tendances déjà évoquées : D’un coté, des acteurs de plus en plus concentrés qui ont tendance à se spécialiser par fonction ou marché ; de l’autre, des PME qui cherchent à saisir les opportunités apportées notamment par les PME de l’agroalimentaire et les marques distributeur.Il est à noter, également, la présence en Bourgogne d’un leader : AMCOR PET RECYCLING à Sainte-Marie-la-Blanche (21) leader du recyclage des bouteilles PET.
- Un secteur très créateur d’emploi en région
Grâce à la structuration évoquée ci-dessus, et contrairement à l’automobile (voir ci-dessus), les entreprises bourguignonnes ont su profiter de l’explosion de la demande en emballages plastiques. Ainsi, alors que l’ensemble du territoire national l’emballage a augmenté ses effectifs de 11 % sur la période 1993-2003, le secteur en région les a augmenté de 28 %.
L’emballage représente ainsi, en 2008, près de 47 % des effectifs (2 400 salariés répartis dans 31 établissements) de la plasturgie régionale, ce qui en fait une réelle spécificité régionale (25 % seulement au niveau national).
- Un travail collectif
La spécificité régionale a permis de créer une certaine dynamique collective. Certains industriels bourguignons de l’emballage (et donc quelques plasturgistes) se sont notamment associés au sein du CEPIEC (Centre d’Expertise et de Promotion des Industries de l’Emballage et du Conditionnement), dont le siège est à Dijon. Ce centre a notamment pour objectif de multiplier les échanges entre les professionnels du secteur et de mutualiser certains moyens de veille, de réflexion prospective et de formation.
Typologie de la Plasturgie en Europe et en France
Typologie de la Plasturgie en Bourgogne

