Des enjeux au cœur de la compétitivité des industries de l’aval de la filière


rouleau_papier La certification : Face à la demande croissante des grandes et moyennes surfaces de distribution, la capacité des industriels à mettre sur le marché des produits en bois issus de forêt certifiées constitue un enjeu de compétitivité. Bien que fluctuante, la demande pour ce type de produits, qui reste majoritairement d’origine anglo-saxonne (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas), semble en développement. La mise en œuvre de systèmes de traçabilité du bois est stratégique, notamment à l’export.

L’intégration industrielle 1ère et 2ème transformation : Elle conditionne l’accroissement et l’ancrage régional de la valeur ajoutée. A partir du sciage, la Scierie Ducerf , les Scieries Réunies du Chalonnais, les Planchers de Bourgogne, Margaritellie, Parquets Protats, SRC Parquet …développent avec succès des activités de 2ème transformation du bois.

Les matériaux composites : les recherches effectuées sur les matériaux dérivés du bois sont à l’origine d’un développement rapide de ces marchés. Dotés de caractéristiques homogènes et définitives, ces matériaux sont adaptés à la préfabrication et à l’industrialisation. Selon les prévisionnistes, la croissance annuelle des marchés américains et européens des composites bois-plastique se situerait entre 14 et 25 %, jusqu’en 2010. Ces matériaux permettent d’offrir aux consommateurs une durabilité améliorée et un allégement des opérations d’entretien.

Le travail en réseau ou groupement d'entreprises : ils constituent une nécessité pour les petites entreprises afin de leur permettre de mutualiser les coûts, investir ensemble, élargir leur offre de produits, innover ... Des projets intéressants se sont à cet égard concrétisés en Bourgogne, dans le traitement du bois (Bois Durable de Bourgogne) et la construction bois, grâce aux initiatives prises par de petites entreprises de charpentes (Nectoux et Cie, Covre Charpente, Charpentiers du Morvan,....) qui souhaitent se diversifier dans la fabrication de maison à ossature bois et à l'émergence de groupement d'entreprises (Xylopolis, Arcologis) autour de cette thématique et, sur le plan industriel, aux investissemnts importants mis en oeuvre par le leader régional, le groupe Jacob implanté à la Charité-sur-Loire (58), pour fabriquer des composants industrialisés destinés à la construction de maisons individuelles, de logements sociaux, de locaux professionnels et de bâtiments collectifs.


La concentration : Comparativement à certains secteurs industriels, la filière bois, qu’il s’agisse de l’amont ou de l’aval, est dans l’ensemble, sauf exception, peu concentrée, dans un univers caractérisé par l’intensification de la concurrence européenne et asiatique. L’atomisation des structures productives constitue un frein à l’appropriation des nouvelles règlementations (marquage CE des produits de la construction), et à la diffusion des nouvelles méthodes de calcul (Eurocode 5).

Les restructurations : Dans l’industrie de l’emballage en papier-carton, disposer de la taille critique conditionne fortement la capacité des groupes à répondre aux appels d’offre européens des clients. Si la proximité géographique (<300 km) constitue un élément de compétitivité vis à vis de la clientèle industrielle, elle rend le fournisseur d’emballage partiellement tributaire de la pérennité du client.

L’amélioration des performances des entreprises dans les domaines de l’éco conception, du design, du marketing, de l’organisation de la gestion industrielle et des déchets constitue un enjeu de compétitivité important.

L’innovation: Elle constitue un enjeu croissant pour le développement d'un secteur plutôt dépendant sur le plan technologique et doté d'une image relativement traditionnelle. L'action  collective de veille sur les innovations dans le bois mise en oeuvre par l'ARIST Bourgogne avec le soutien de la DIRECCTE traduit cette volonté partagée par les entreprises d'identifier les thématiques d'avenir. D'ores et déjà, des projets innovants à caractère collectif et indivuduel se sont concrétisés en particulier dans le domaine du sèchage du bois.  Le renforcement de la connexion entre industrie-recherche- est déterminant pour développer des procédés innovants et des produits nouveaux à forte valeur ajoutée permettant aux entreprises de se soustraire partiellement à la concurrence frontale sur les prix livrée par les pays à bas coût de main d’oeuvre. Les entreprises s’appuient notamment sur :

  • l’ENSAM à Cluny qui s’est bâtie une solide réputation en matière de recherche sur la transformation et l’usinage du bois, de même que sur l’utilisation de l’image pour la simulation de phénomènes complexes. La mise en place d'un "plateau technique bois-matériaux" équipé de matériels (scanner optique, cellule de sèchage...) permettra à cette école de mener notamment des recherches appliquées pour caractériser de manière fiable et non destructive les propriétés des matériaux composites bois (bois massif reconstitué) à partir de sciages de douglas et de chêne. Les retombées de ces travaux doivent favoriser le développement de la production de bois massif reconstitué (BMR).
  • le FCBA développe des activités d’aide à l’innovation et d’appui technique auprès des professionnels pour favoriser notamment l’utilisation du bois dans la construction et la compétitivité des entreprises du meuble.
  • L’Université de Bourgogne dispose de compétences dans les domaines de la chimie, de la caractérisation et de la technologie de la matière, ainsi qu’en mécanique et acoustique.