Des enjeux importants
On observe un décalage de croissance important entre les Etats-Unis et l’Europe depuis le milieu des années 90 :
- Sur la période 2000-2004, croissance nettement plus faible en France qu’aux Etats-Unis (1,3 % en moyenne sur la période contre 2,4 % aux Etats-Unis) ...
- ... qui s’explique principalement par une productivité par tête qui y a crû moins rapidement (+0,7%/an en France contre +2% aux Etats Unis)...
- ... qui est particulièrement liée au décalage d’investissements des entreprises en TIC (selon l’OCDE)
La France est en retard

La France est en retard, par rapport aux pays leaders, dans quasiment tous les domaines d’utilisation des TIC.
Ses performances d’ensemble (source : Gartner Dataquest, Juin 2005) sont :
- Mauvaises dans les dépenses internes et externes de services informatiques,
- Moyennes-mauvaises dans l’investissement en logiciel,
- Moyennes dans l’investissement en matériel informatique et de télécommunications,
- Bonnes uniquement dans les services de télécommunication.
La contribution des TIC à la croissance est très variable selon les pays.

Les pays à culture latine (souvent ancrés dans leurs notions de territoires, de patrimoine et de hiérarchie) en profitent moins que les pays de culture anglo-saxonne (plus axés sur les réseaux et la création de valeur).
Le retard n’est pas seulement quantitatif, mais également qualitatif : Selon une enquête récente réalisée par UFB/Locabail, 81 % des sites web français ont été réalisés pour des objectifs de notoriété (« sites plaquettes », « boutiques en ligne ») alors que dans une même proportion, les sites web anglais ont été créés pour rendre un service plus efficace aux clients.
Quelques explications ?
- Petite taille des entreprises françaises (moins d’argent à consacrer et difficile de trouver des services adaptés)
- Appareil productif plus industriel en France, moins consommateur de TIC que le tertiaire,
- Prudence spécifiquement française face à l’utilisation des nouvelles technologies,
- Moindre pression concurrentielle que dans certains des pays concurrents,
- Relative faiblesse du réseau haut débit sur certains territoires isolés.
Des enjeux pourtant importants
- Compétitivité : réduction des coûts informatiques et de télécommunications (logiciels libres, suppression du fax, téléphonie IP, ...), des coûts administratifs internes (information saisie une seule fois et souvent par le client), du coût du SAV (mise en ligne de documentation technique, télémaintenance, téléformation, ...), mise en concurrence des fournisseurs, ...
- Réactivité et flexibilité : capitalisation de la connaissance, meilleure efficacité des commerciaux (propositions en « temps réel »), réduction du temps de conception (co-ingénierie entre donneurs d’ordre et sous-traitants), ...
- Développement : accès simplifié à de nouveaux clients, implantations sans agence, recrutement facilité, accès à des communautés de clients, fourniture de nouveaux services aux clients existants, ...
Des leviers pour inciter les PME ?
Le traitement des problèmes structurels expliquant le retard français relève des politiques publiques nationales et locales. Cependant, une sensibilisation des chefs d’entreprise semble également nécessaire. L’expérience des DRIRE, au contact des entreprises, permettent d’identifier quelques leviers pour convaincre la PME :
- Augmentation du chiffre d’affaire, par exemple par la captation de nouveaux clients, et l’ouverture de nouveaux marchés,
- Adaptabilité à la demande du client (et nouveaux services) permise par les TIC
- Meilleure maîtrise des processus internes

